Conférence de Péter Balázs, professeur à l’Université d’Europe centrale à Budapest, ancien membre de la Commission européenne et ministre des affaires étrangères de Hongrie

Conférence européenne - 16 novembre 2012

 

Un plaidoyer pour l’Europe

Dans le cadre de ses conférences européennes, la Fondation Jean Monnet pour l’Europe a eu le plaisir d’accueillir le 16 novembre 2012 à Dorigny Péter Balázs, professeur à l’Université d’Europe centrale à Budapest, où il occupe depuis 2005 une chaire Jean Monnet ad personam.

En présentant l’orateur, José Maria Gil-Robles, président de la Fondation, a relevé à juste titre, outre son expertise académique, l’éclairage qu’apporte aussi son expérience pratique dans la diplomatie et dans le sérail européen. Il deviendra notamment représentant permanent de la Hongrie auprès de l’Union européenne, au moment crucial des négociations d’adhésion de son pays à l’Union européenne. Il le représentera également à la Convention européenne qui élabora un projet de constitution européenne. Il sera membre de la Commission européenne en 2004 et ministre des affaires étrangères de Hongrie en 2009-2010.

Sur le thème d’un Plaidoyer pour l’Europe, le professeur Balázs a introduit son exposé en rappelant la marque de succès de l’Union européenne que constitue le nombre d’Etats qui y ont adhéré sur une base volontaire et ont accepté de partager l’exercice de leur souveraineté, pour atteindre le chiffre de 28 membres avec l’entrée de la Croatie prévue en 2013.

Il constate en revanche un décalage entre certaines ambitions affichées et la lenteur ou la modestie des réalisations concrètes. Il évoque à ce sujet la stratégie de Lisbonne qui visait, d’ici à 2010, à devenir «l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde » ; ou encore l’échec du projet de Constitution européenne qui devait réformer l’Union en vue des élargissements à venir, et qui a trouvé son issue dans le traité de Lisbonne, 5 ans après le grand élargissement de l’Union…

Péter Balázs a ensuite relaté les initiatives déjà prises et en cours pour répondre à la crise économique et financière que traverse l’Union européenne. Il s’agit notamment du rapport du 26 juin 2012 du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, intitulé « Vers une véritable Union économique et monétaire », ou encore des propositions concrètes formulées par le groupe de réflexion sur l’avenir de l’Union européenne composé de onze ministres des affaires étrangères (dont ceux représentant les six Etats membres fondateurs).

En toile de fond se dessine la perspective d’un « cadre budgétaire intégré », un « cadre intégré de politique économique » et un « cadre financier intégré », autrement dit une union bancaire et budgétaire. Se profilent aussi une réforme du fonctionnement de l’Union, un renforcement du Service européen pour l’action extérieure, et à terme une nouvelle révision des traités européens, avec peut-être à la clef une nouvelle Convention européenne.

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La deuxième partie de l’exposé de Péter Balázs revient sur la dynamique de l’élargissement de l’Union européenne en abordant les perspectives d’adhésion proches et plus lointaines qui concernent ceux des 44 pays européens (sans compter les micro-Etats) n’appartenant pas à l’Union européenne. Il nous rappelle en passant qu’il a créé et qu’il dirige, au sein de l’université de Budapest, un centre d’études sur l’élargissement de l’Union européenne, sans doute le seul au monde consacré à ce sujet.

 

La deuxième partie de l’exposé de Péter Balázs revient sur la dynamique de l’élargissement de l’Union européenne en abordant les perspectives d’adhésion proches et plus lointaines qui concernent ceux des 44 pays européens (sans compter les micro-Etats) n’appartenant pas à l’Union européenne. Il nous rappelle en passant qu’il a créé et qu’il dirige, au sein de l’université de Budapest, un centre d’études sur l’élargissement de l’Union européenne, sans doute le seul au monde consacré à ce sujet.

Péter Balázs souligne le pôle attractif, mais non exclusif, que constitue l’Union européenne suite à la désintégration de l’URSS, puis de la Yougoslavie. Une carte d’Europe projetée sur un grand écran vient appuyer ses considérations géopolitiques : ici les pays sous influence russe, l’Ukraine tiraillée, là les pays sous influence de la Turquie. Il fait également remarquer une règle non écrite : les élargissements se réalisent toujours avec des pays limitrophes aux Etats déjà membres.

Les élargissements à venir constituent un autre facteur, outre la crise financière actuelle, qui justifient des réformes institutionnelles (composition et présidence de la Commission européenne, présidence des diverses configurations du Conseil des ministres, etc.), notamment celles proposées par les onze ministres des affaires étrangères. Et de conclure que la vieille machinerie politique grince de plus en plus : comme pour une voiture, la révision générale est inévitable.

Au cours des questions posées par le public, d’autres sujets ont pu être abordés, concernant notamment le positionnement politique de la Hongrie par rapport à l’Union européenne, ou encore le concept d’Europe à deux vitesses. Sur ce point Péter Balázs rappelle les précédents existants (zone euro, espace Schengen), admet la difficulté de gouverner ces différents sous-ensembles (« surtout pour les juristes »), mais estime que l’approche est nécessaire pour éviter la décomposition.

Extrait de l’interview de Péter Balázs réalisée en marge de la conférence

 

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